Retour sur la conférence : la guerre des changes aura-t-elle lieu ?

09/05/2016

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Conférences / Rencontres

Le 5 avril 2016, s’est tenue la Conférence du Club Finance Contrôle Audit

Le dollar a-t-il atteint son pic ?

Avant l’enclenchement du cycle de remontée des taux de la FED, le $ s’est récemment renforcé, en particulier contre les devises dites « commodities ».

Traditionnellement, quand le cycle de hausse est enclenché, la valeur du billet vert a tendance à baisser dans les 6 mois qui suivent. Aujourd’hui cependant, le marché ne price qu’une seule  nouvelle hausse des taux d’ici fin 2016 (à peine) ce qui nous semble (trop) faible. En effet, la disparition des effets de bases des prix de l’énergie va entrainer une hausse de l’inflation. Nous pensons donc que la FED agira uniquement soit 4 fois en 2016 et 3 fois en 2017.

En 2016, le USD devrait évoluer erratiquement toute correction étant toutefois limitée par le peu d’alternative offerte par les autres devises en termes de rendement.

L’EUR/USD va-t-il tester la parité ?

La faiblesse des rendements européens entretiendra les sorties de capitaux toujours à la recherche de rendements élevés.

Des devises du G10 guidées par les divergences de politique monétaire

Le marché reflète des anticipations de hausse des taux directeurs surtout aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et dans une moindre mesure en Suède et des baisses de taux dans les autres pays du G10, sinon une stabilité comme dans la zone euro.

Le GBP sera pénalisé au 1er semestre 2016 par essoufflement de l’activité avant la tenue du référendum sur l’UE et la faiblesse de l’inflation qui repoussent les anticipations de hausse des taux de la BOE à janvier 2017

Le CHF sera toujours pénalisé par le taux de dépôt très négatif de (-0,75%), une croissance plus faible (1,2%) pénalisée par un CHF surévalué et l’exposition des exportations suisses aux pays émergents (30% des exportations). La BNS continuera à intervenir sur le marché si nécessaire.

Jusqu’où la dépréciation du CNY ?

Face aux sorties de capitaux, la PBoC est intervenue massivement sur le marché des changes (-760Mds USD) depuis la mi 2014. Cela se traduit par une réduction de la liquidité que la PBoC doit compenser en baissant ses taux directeurs et son taux RRR. La PBoC continuera à baisser ses taux directeurs en 2016. La Chine va suivre davantage son taux de change face à un panier de devises. Cela reflète mieux la compétitivité du pays.

L’ajustement des devises émergentes est-t-il terminé ?

Le Brésil, l’Afrique du Sud, voire la Turquie pourraient être pénalisés par une dégradation de leur note.

Brésil, Russie, Inde, Turquie et Afrique du Sud : une demande intérieure faible, une légère amélioration des exportations et des problèmes structurels importants.

Quel régime de volatilité en 2016 ?

La persistance des incertitudes sur l’évolution des politiques monétaires (FED, BCE, PBoC…) entretiendra une volatilité toujours élevée sur le marché des taux et par extension sur celui des changes.

 

Le thème a suscité un vif intérêt qui a permis de nourrir de nombreux échanges tout au long de la conférence.