
L’année 2012 est marquée, en France et dans la zone Euro, par une vague de licenciements massifs qui touchent plusieurs industries. Les restructurations d’entreprises génèrent des dégâts économiques et humains, et elles constituent un exercice particulièrement risqué : leur potentiel conflictuel rend leur issue imprévisible pour les entreprises comme pour les salariés. Les dispositifs juridiques sont pourtant supposés canaliser les conflits par la mise en place de démarches de justification et de négociation et apporter une plus grande sécurité aux acteurs. Toutefois, le strict respect des procédures légales ne garantit pas la construction d’une légitimité partagée et, inversement, des pratiques contestables d’un strict point de vue juridique semblent parfois faire l’objet d’une acceptation sociale forte.
L’importance et la diversité des impacts qu’entrainent les restructurations d’entreprises ne sont plus à démontrer. Ces enjeux posent de fait la question de la légitimité et des conditions de réussite de ces processus. L’entreprise est une organisation aux intérêts souvent discordants, et sa restructuration met au centre des débats la divergence des motivations des acteurs. Pour débattre de ces questions, la Chaire MAI a invité le 19 novembre dernier les différents acteurs parties prenantes des restructurations: direction d’entreprise, syndicalistes, consultants, chercheurs, représentants de l’Etat.*
Tous les participants se sont accordés sur le besoin de réinstaurer une « communauté de destin ». Cette absolue nécessité n’est possible que par le dialogue et la mise en place d’un climat de confiance. Ces éléments ne peuvent pas émerger au moment de la restructuration mais doivent être anticipés par l’entreprise.
Les débats ont fait ressortir quatre thématiques importantes :
- la temporalité,
- la négociation,
- la diversité des modalités de restructurations,
- la place/le rôle de la régulation.
Vous pouvez consulter l'intégralite du compte–rendu sur le site de la Chaire MAI
*Les intervenants de la table ronde du 19 novembre 2012
- Jean-Pierre Aubert (Délégué à l’évolution des métiers et de l’emploi à la SNCF, et Secrétaire Général de la Chaire MAI),
- Florent Noël (Professeur à l’IAE de Paris, membre de la Chaire MAI),
- Alain Braud (Directeur des Relations Sociales, Michelin France),
- Hervé Dufoix (DRH de l’AFPA),
- Christian Janin (secrétaire confédéral de la CFDT, responsable du service « emploi – sécurisation des parcours professionnels »),
- Maurad Rabhi (secrétaire confédéral de la CGT, en charge des questions d’emploi),
- Bruno Dupuis (Conseiller pour les affaires sociales à la mission permanente de la France auprès des Nations Unies à Genève).